Dans la foulée de la semaine de la presse et des médias dans l’École, organisée en France du 23 au 28 mars 2026, une conférence à deux voix a été proposée aux élèves de seconde du Lycée La Condamine ainsi qu’à une classe de quatrième le jeudi 2 avril au matin. Le journaliste équatorien Pablo Tatés (El Comercio) et notre service civique Nicolas Chantier, lui aussi journaliste de formation, ont tour à tour évoqué les enjeux du métier et les conditions de travail des professionnels de l’information ici en Équateur pour le premier et en France pour le second.
Les fondamentaux de la profession ont été présentés aux élèves, le dialogue entre les deux journalistes développant la nuance entre d’un côté la nécessaire impartialité et les exigences d’honnêteté intellectuelle dont doivent faire preuve les journalistes, et de l’autre l’impossible neutralité de leur travail, toujours marqué par les biais et convictions de chacun, par une vision du monde et des choix éditoriaux qui ne peuvent être sains que lorsqu’ils sont assumés et regardés en face par ceux qui fabriquent l’information. L’accent a été mis sur l’importance de vérifier et sourcer cette information, avec rigueur en toutes circonstances. Pablo Tatés ayant dédié sa prise de parole aux trois journalistes du « Diario El Comercio », disparus voilà huit ans à la frontière colombienne.
Le second temps de la conférence a été consacré aux sujets de la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires, en particulier en France, et aux pressions subies par les journalistes parfois directement venues de l’État. Le cas de la journaliste Ariane Lavrilleux, mise en examen pour avoir révélé que la France aidait l’Egypte à perpétrer des exécutions arbitraires de civils dans le cadre de l’opération Sirli, ayant servi d’exemple à l’argument que même dans un pays comme la France, perçu en exemple de liberté et de démocratie de par le monde, le travail des journalistes reste à protéger et à défendre.