Il est des expériences qui marquent durablement celles et ceux qui y participent. C’est le cas de CONDAMONU, la simulation de l’Organisation des Nations Unies organisée par le Lycée franco-équatorien La Condamine, qui a officiellement lancé sa deuxième édition le 5 février 2026.
Cette année, le thème central de la simulation est : « ONU : Voix du monde ou silences du pouvoir ? ». Un thème qui ne doit rien au hasard. Il fait suite à un constat lucide porté par l’équipe organisatrice face à l’actualité récente. Dans un monde marqué par les bombardements en Iran, la tragédie de Gaza, le génocide au Soudan ou encore les décisions unilatérales de grandes puissances, l’organisation internationale semble aujourd’hui paralysée. C’est précisément cette paralysie que le Lycée La Condamine a choisi d’analyser.
Loin de l’idéalisme naïf parfois reproché à ce type de simulation, les organisateurs ont invité les délégués à mener une réflexion critique et structurelle sur le fonctionnement des institutions internationales.
Cette année, la simulation a été victime de son succès. De très nombreux élèves issus de plusieurs lycées ont présenté leur candidature pour y participer. Tous n’ont malheureusement pas pu être sélectionnés.
Au total, 162 délégués étaient présents pour échanger et débattre. Ils ont été répartis en sept comités, travaillant en français, en anglais ou en espagnol. Chaque comité était dirigé par deux présidents, soigneusement sélectionnés sur dossier par les organisateurs, afin de retenir des profils expérimentés capables d’encadrer les débats avec rigueur et diplomatie.
Derrière les discours officiels du Proviseur, M. Philippe Mouchet, et de la Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle, Mme Pascale Baraghini, se cache une logistique particulièrement exigeante.
Préparé intensivement durant les mois de décembre et janvier sous la supervision de M. Romero, l’événement repose sur une organisation structurée autour de trois pôles complémentaires :
- une équipe presse,
- une équipe logistique,
- une équipe académique.
Cette trinité organisationnelle garantit la qualité des contenus, la fluidité des opérations et la visibilité de l’événement.
La cérémonie d’ouverture, orchestrée par Noélie Valdivieso, a respecté les codes du protocole diplomatique, rappelant que la forme conditionne souvent le fond.
L’exécution des hymnes nationaux par le chœur des élèves de 5ème, dirigé par Mme Jenny Zapata, ainsi que les interventions musicales du groupe du lycée — qui a chanté dans les trois langues de travail de la conférence — ont été particulièrement remarquables.
La présence de Mme Pascale Baraghini, Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France, et de M. Philippe Mouchet, Proviseur de l’établissement, a confirmé la dimension institutionnelle de l’événement.
L’intervention de Mme María Luisa Cruz Riofrío, représentante du Président de la République auprès de l’Institut National de Biodiversité, a également marqué les esprits. Elle a rappelé avec force qu’en matière de durabilité, il ne s’agit pas d’un choix politique parmi d’autres, mais d’un impératif de sécurité globale.
Cependant, la véritable mécanique de CONDAMONU repose avant tout sur l’engagement de ses officiers étudiants. Le duo formé par Sabina Negrete, Secrétaire Générale, et Nicole Murgueytio, Sous-Secrétaire Générale, a officiellement déclaré l’ouverture des débats. En présentant les présidences des comités, elles ont donné le coup d’envoi à des joutes oratoires intenses, où argumentation, diplomatie et esprit critique étaient à l’honneur.
La réussite de cette édition tient autant à la rigueur des débats qu’à l’engagement de celles et ceux qui l’ont portée. Un grand merci aux délégations pour leur éloquence, aux équipes logistique, presse et académique pour leur travail en coulisses, ainsi qu’aux intervenants et partenaires pour leur soutien précieux.
Au-delà d’une simple simulation, CONDAMONU est un laboratoire citoyen. Il offre à la jeunesse de Quito un espace pour questionner les rapports de pouvoir, comprendre les mécanismes diplomatiques et expérimenter la responsabilité collective en français, anglais et espagnol.
Dans un contexte international traversé par les tensions et les incertitudes, ces jeunes délégués ne se contentent pas d’imiter le monde : ils apprennent à le décrypter, à le contester et, peut-être demain, à le transformer.